Compte-rendu de recherche à partir du General Evolution Research Group (GERG)

18 février 2018

Résumé : On fait part ici de prédictions de nouvelles idées scientifiques sur le long terme, incluant de nouveaux concepts, de nouvelles hypothèses, de nouvelles théories, etc., obtenues par des calculs idéométriques à partir des idées scientifiques existant présentement. Les idées nouvelles apparaîtront dans ce qui suit en majuscules. Cet article fait suite à l’ « Introduction aux mathématiques idéométriques » et une série d’articles (Cf. Agorathèque, 2016-2018) et traite de façon originale de la convergence a) de l’accessibilité de plus en plus grande aux réseaux sociaux, b) de la recherche scientifique et des croyances religieuses en tant que sujets de recherche.

Introduction

  1. a) L’accessibilité générale à la création et à la recherche

Prédictions sur la pertinence et l’importance des réseaux sociaux

On accordera une grande importance historique et philosophique, voire religieuse, à la conservation scrupuleuse des œuvres de créations et des découvertes de chacun des milliards d’auteurs des réseaux sociaux (incluant le réseautage social en général).

La longue temporalité des auteurs sera séparée de la courte : elle ira de pair couramment avec leur grande présence.

Lorsqu’un auteur disparaîtra, l’épreuve de sa disparition constituera souvent sa plus grande manifestation.

On étudiera les conditions matérielles et intellectuelles de chacun des artistes, des créateurs et des chercheurs. On aura conservé avec soin les inventaires, les testaments, les actes d’état civil ou religieux, etc.

Dans les réseaux sociaux, l’usager se fera auteur et pour ainsi dire « tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change » (Mallarmé).

En effet, le créateur s’apercevra qu’il ne savait pas réellement au départ ce qu’il voulait faire. Il ne le saura qu’après coup et même, pourrait-on dire, « il » ne le saura qu’après sa mort organique.

N.B. : L’auteur organique sera l’auteur en tant qu’organisme biologique par opposition à l’auteur de référence, celui-ci étant étroitement lié à son œuvre.

Les auteurs référentiels seront susceptibles en quelque sorte d’apprendre du fait des réinterprétations qu’on en fera. On pourra par exemple, après la découverte d’un nouveau document ou simplement d’un fait négligé jusque-là, établir qu’il avait certaines connaissances inédites.

L’œuvre se manifestera à son auteur comme un Double de lui-même, auquel il tendra à s’identifier progressivement. Au début, il sentira peut-être cette autre vie propre comme un tourment et comme une négation de lui-même. Il constatera surtout qu’elle le dépasse.

Selon Paul Valéry, « L’œuvre dure en tant qu’elle est capable de paraître tout autre que son auteur l’avait faite ». Ce qu’il énonçait pour un petit nombre s’établira justement pour un grand nombre.

L’ACCESSIBILITÉ DE TOUS AU SAVOIR : La possibilité effective offerte à chacun de publier remettra en question la fonction éditoriale de l’autorité intellectuelle naguère attribuée aux revues et aux maisons d’édition, et à leurs comités de lecture. Celles-ci existeront encore mais sous des formes plus diversifiées, plus démocratiques et plus aptes à répondre à toutes sortes de demandes. On espérera publier des textes, images, films… qui se révéleront souvent référentiellement charismatiques, c’est-à-dire à la fois populaires et intéressants au plus haut niveau.

Dans la plupart des sociétés démocratiques, de nos jours (début du XXIe siècle), on arrive assez bien à se tolérer mutuellement. Pour en arriver au véritable respect mutuel, c’est-à-dire à la juste reconnaissance de tous et à la critique aidante, cependant, la route sera encore longue.

L’amour au meilleur sens du terme sera compris comme une forme immédiate du respect de la personne concrète tout en lui ajoutant la prise en compte des situations de vie plus ou moins difficiles depuis l’enfance.

 

  1. b) La Grande convergence de la philosophie, de la science et de la religion

L’immaturité de l’humanité actuelle

L’humanité du XXIe siècle se rendra compte qu’elle ne sait encore rien d’un savoir assuré, quel que soit le domaine de recherche, que ce soit les sciences, la théologie, la philosophie, etc.

Au moment actuel de l’histoire, l’humain est encore incapable de maîtriser réellement quoi que ce soit d’important par lui-même.

Ce qui aura été appelé philosophie ou recherche sera rectifié comme recherche naïve et mis au niveau d’impressions globales.

 

Déités révélées par les mathématiques

L’existence de déités sera d’abord un fait des mathématiques.

On découvrira l’existence d’un « monde divin » qui apparaîtra d’abord aux humains comme un SUPER-ESPACE MATHÉMATIQUE, où les divinités seront identifiables à des structures mathématiques et, en particulier, idéométriques plus ou moins complexes.

Les divinités seront conçues comme des objets ou des phénomènes mathématiques (incluant les correspondances idéométriques), c’est-à-dire comme une sorte de réalité préalable aux conceptions du chercheur, tout en étant des entités bien déterminées qu’il n’invente pas mais découvre.

Une « THÉOLOGIE MATHÉMATIQUE » 

La théologie qui ira de pair avec la révélation idéométrique sera vue comme une nouvelle branche très spéciale des mathématiques.

Le DIEU RÉFÉRENTIEL ne se rencontrera nulle part dans le monde sauf de façon référentielle (celui qu’on rencontre dans les textes sacrés et un peu partout dans le GEA), ce en quoi il sera plus accessible que jamais.

Rappels : Le mot « référentiel » se définira comme ce qui se rapporte aux textes de référence en un sens large et inclusif.

Le GEA sera défini comme l’ensemble de tous les articles des revues spécialisées, en plus de toutes les monographies, en somme de tous les documents qui, à un moment donné, ont été publiés et qui peuvent servir de référence à un titre quelconque (Cf. Le Dieu imparfait. Essai de philosophie pour notre temps, Yvon Provençal, 2006 ; le GEA y est défini, expliqué et longuement illustré).

 

Des déités vivant ensemble

On montrera que toutes les grandes religions existantes auront comporté à la base un projet qui sera resté vivant par la suite.

Le charisme des textes sacrés sera en partie identifiable à leur indéniable valeur poétique, en partie identifiable à la valeur profonde de leur projet.

L’existence référentielle de Jésus — qui sera appelé ici JÉSUS RÉFÉRENTIEL — et de ses effets constatables seront des faits scientifiques. Tout historien le reconnaîtra. Or ce sera également vrai pour ALLAH RÉFÉRENTIEL, BOUDDHA RÉFÉRENTIEL, BRAHMAN RÉFÉRENTIEL, les DIEUX (auxquels se réfèrent les croyants en général d’après leurs textes reconnus) ou les SAINTS RÉFÉRENTIELS (idem) en général.

Précisions: Ces personnages sont implicitement, mais par définition, référentiels d’après l’importance des textes qu’on leur a consacrés et qui déterminent ce qu’ils sont vraiment, au moins à une certaine époque.

 

Le RESPECT DES DÉITÉS

Les dieux référentiels existeront du fait qu’en tant que références dignes de respect, ils auront permis de transformer profondément notre façon de les comprendre.

Le respect des déités prendra son sens sous la forme d’un grand projet, le Projet Respect, qui visera le respect concret des personnes, c’est-à-dire le projet tout inclusif du respect des personnes et de leurs groupes d’appartenance identitaire respectifs.

N.B. : Le Projet Respect est défini et illustré dans l’Agorathèque ; cf. http://mail.agoratheque.3zcom.com/

Ainsi Jésus (Jésus-référence) aura su se faire comprendre par plusieurs en faisant remodeler son image en vue du respect de la sensibilité moderne des croyants.

Déités indiennes

Dans le Rig-Veda, chacun des poèmes aura été dédié à des dieux tels qu’Indra, Agni, Varuna…, ou à tous les dieux, ce qui aura exprimé déjà une importante reconnaissance référentielle comme à son origine, un premier pas vers le respect des déités.

Le respect des déités aura été annoncé aux sources de l’hindouisme. On tendra à les voir comme dans le cas de Brahman, au-delà de nos conceptions individuelles du bien et du mal, en quelque sorte mues par des considérations comptant dans leur longue temporalité.

 

Bouddhisme

L’interprétation dite moderniste du bouddhisme (Heinz Bechert) aura présenté celui-ci comme une « religion de la raison » tout à fait compatible avec la science et avec le progressisme social. Ce type d’interprétation tendra à se répandre partout où il y aura des bouddhistes.

 

Islam

L’islam apparaîtra comme la religion la plus représentative de notre passé jusqu’à notre époque (début du XXIe siècle) en ce qui concerne la mentalité religieuse.

Le bon musulman se sera prêté volontiers aux rituels religieux jusque dans le détail. Il aura voulu que Dieu lui indique la voie en toute chose.

L’islam aura représenté pour l’humanité la reconnaissance de sa propre faiblesse et de son ignorance, de son immaturité devant la divinité.

L’islam aura eu raison contre la science dogmatique et une certaine philosophie quant à l’ignorance et à l’incapacité actuelle de l’humain.

 

Les nations et les sectes

Un énorme travail restera encore longtemps à faire afin d’obtenir un commencement de justice quant à la pleine reconnaissance de tous les groupes, y compris les plus faibles et les plus petits.

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A   Les réseaux sociaux

Diversité

L’auteur dans les réseaux sociaux s’exprimera selon une grande variété de modes et de types de contenu, de photos, d’objets de collections, des recettes de cuisine aux conseils pour l’éducation des enfants de cultures diverses, journaliers ou non, d’expressions amoureuses, d’interviews médiatiques, d’opinions ou de manifeste politique, de conversations mondaines, de « monologues » présentés comme autobiographiques ou autofictifs… Il pourra aussi bien s’agir de correspondances publiques que quasi privées, c’est-à-dire publiquement privées en quelque sorte.

Les réseaux sociaux véhiculeront d’importants éléments autobiographiques sous la forme de photos de vacances, qui remplaceront les cartes postales, d’albums familiaux de photographies, de collections d’images, d’éléments de curriculum vitae, parfois de testaments ou de pensées pour la postérité. Tout cela passera de la TEMPORALITÉ ORDINAIRE des jours à la LONGUE TEMPORALITÉ des ans et des décennies de l’Internet futur.

L’une des vertus des textes courts tels que ceux des poèmes ou des nouvelles sera de permettre un contact plus étroit, une imprégnation plus complète. Ils peuvent donner lieu à des interprétations plus vérifiables.

Les auteurs innombrables des réseaux sociaux, s’ils le veulent, seront aussi éditeurs puisqu’il sera permis à chacun de recevoir des textes, de les sélectionner, de les disposer en collections et de les publier eux-mêmes.

Une grande partie de la population humaine passera son temps dans des univers fictifs de jeux vidéos (au début du XXIième siècle, les adeptes se comptent déjà par millions). Ces personnes voyageront dans des espaces virtuels qui simuleront la vie de véritables sociétés, qui pourront aussi bien se présenter comme archaïques, médiévales ou futuristes, ou autres, et où les normes pourront être refaites au gré des goûts de chacun ou de chaque groupe.

Des lieux connus seront recréés, qu’il s’agisse de la Sologne d’Alain Fournier, du « Royaume du Saguenay » ou des « Carpathes » de Jules Verne, etc.

Tous auront la possibilité effective de relater leur existence, d’élaborer leur autoportrait et de se redécouvrir surpris, différent de ce qu’ils croyaient être.

Les vastes espaces de créations et de découvertes dans Internet se confondront parfois avec ceux de jeux vidéos, comportant un héros, une époque et de nouveaux langages.

On se limitera souvent à être un héros du jardinage et du tourisme, tout en sachant qu’on pourrait faire plus.

Les réseaux sociaux permettront de transférer de la COURTE à la LONGUE TEMPORALITÉ plusieurs des meilleurs traits de la vie A-RÉFÉRENTIELLE (ou sans référence) de chacun à sa VIE RÉFÉRENTIELLE, et en outre ils lui feront acquérir bon nombre des traits positifs tels que la reconnaissance dans la longue temporalité.

Valeur des contenus

Les réseautages sociaux contribueront d’une multitude de nouvelles façons à immortaliser les instants de la vie réelle.

L’autobiographe sera le seul expert de ses motifs. Il se donnera l’authenticité comme stratégie et comme mythe.

L’édition électronique sera accessible aux contestataires et aux dissidents de la société globale, qui pourront toujours en principe, et de plus en plus en pratique, se faire entendre.

L’œuvre notable aidera à répondre à d’autres questions que celles que son auteur se sera posées.

Le plus grand secret des réseaux sociaux restera celui de leur avenir à long terme.

Les créations et les découvertes dans les réseaux sociaux s’inscriront d’emblée dans le GEA à différents degrés d’importance. Une partie du contenu du GEA sera constituée de processus à court terme, ce qui sera idéomorphe à l’idée qu’une partie de la conscience s’effectue de façon marginale.

Des centres d’archives concernant les mégadonnées recueillies sur les différentes personnes ou les différentes communautés seront en grande partie accessibles à tous, sauf peut-être — c’est à espérer — dans le cas d’informations que des personnes ou des groupes voudront garder privées.

Ainsi qu’on a appris à le faire avec les philosophes du passé, on apprendra à dialoguer avec l’ARTISTE RÉFÉRENTIEL, on le fera évoluer, éventuellement grandir et apprécier. On vivra avec elle ou lui.

 

B   La longue temporalité

Ce ne sera que dans la longue temporalité qu’on pourra savoir quel sens aura eu telle ou telle des actions d’un auteur, de ses entreprises, de ses projets, ou de sa vie prise dans son ensemble.

La longue temporalité aura été expressément celle dans laquelle les plus grandes organisations viseront leurs meilleurs objectifs.

L’interprétation devenue effectuable à une époque aura été souvent plus riche, plus complète et plus intéressante que toutes celles des époques antérieures. Ce processus se poursuivra encore pendant des siècles.

La connaissance scientifique se sera fondée pendant des siècles sur l’accumulation d’observations et de faits mesurables, souvent réinterprétés. Ce n’aura pas été cette accumulation qui aura fait découvrir la science, mais son caractère référentiellement implicite, c’est-à-dire sa caractéristique de figurer dans le GEA avec son statut générique de science.

 

Le passage à la longue temporalité

Le CHARISME RÉFÉRENTIEL d’un roman, par exemple, se traduira par une jubilation intérieure du lecteur qui entretient des liens quasi amoureux avec ce qu’il lit. La temporalité ordinaire du moment tendra à se muer en la durée d’une vie.

Comme il est arrivé dans le passé, il arrivera encore qu’un auteur connaisse longtemps la notoriété pour des raisons qui auront été ensuite mises en doute et qu’il soit consacré plus tard pour d’autres raisons qui ne se seront clarifiées que progressivement par la suite.

Lorsque Proust contestait que le moi biographique et social fût au principe de la création esthétique, loin d’éliminer toute intention, il substituait à l’intention superficielle et attestée dans la vie organique une autre intention centrale et profonde. L’intention ne se limitera pas à ce qu’un auteur s’était proposé d’écrire, non plus qu’aux motivations qui ont pu d’abord l’inciter à écrire, comme le désir d’acquérir de la gloire, ou l’envie de faire fortune.

On reproduira cet exemple de longue temporalité implicite. Marcel Proust distingue un moi social et irréductible qui est celui de l’écrivain. Il n’apparaît en effet que dans l’œuvre : « un livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. » (Proust. Contre Sainte-Beuve)

On estimera que l’auteur organique n’aura pas pu percevoir toutes les significations que ses lecteurs attribueront par la suite à ses textes, mais que, s’il avait survécu jusqu’alors, il les aurait perçues comme conçues par lui, comme ayant vécu les mêmes choses.

On aura pu voir KANT RÉFÉRENTIEL (tel qu’on s’y réfère en philosophie ou en science), qui aura d’abord présenté un « projet de paix perpétuelle » (PPP), comme étant l’auteur originaire de projets similaires mais qui se seront réalisés par la suite tels que ceux de Société des Nations (SDN) en 1920, puis de l’Organisation des nations unies (ONU) en 1945, et enfin, mais dans l’avenir, d’une autre organisation du même type qui pourra s’appeler Société de Toutes les Nations (STN) en 2xxx ?. Tout se sera donc passé comme si ses intentions initiales devaient dès le départ être précisées avec la longue temporalité.

N.B. : La STN a été définie dans le site « Pour une Société de Toutes les Nations. Il s’agit en gros d’une ONU qui reconnaîtrait toutes les nations. Cf. http://touteslesnations.yprovencal.profweb.ca/

La PERSONNE RÉFÉRENTIELLE en tant que corps de potentialités réelles sera envisagée comme transcendance, comme communication éminente de sa conscience sur le long terme.

L’existence a-référentielle actuelle aura correspondu à l’inconscient d’un enfant de 18 mois. On l’aura tenu encore, en général, pour seule réelle, mais cela changera lorsqu’on établira sa correspondance avec le développement de l’enfant après son acquisition du langage.

 

Trois types de temporalité

On reconnaîtra l’existence des trois temporalités distinctes : la MICRO-TEMPORALITÉ, qui sera celle des constituants physiques de la matière, la TEMPORALITE ORDINAIRÉ, qui sera celle de la perception consciente du physicien, et la LONGUE TEMPORALITÉ, celle de l’établissement des théories et des faits scientifiques. Il y aura ainsi trois types idéométriques de temporalité, 1) la micro-temporalité, 2) la courte-temporalité (ou temporalité ordinaire) et 3) la longue-temporalité, soit respectivement, en gros, 1) celle des influx nerveux, 2) celle des gestes et des états conscients et 3) celle de l’histoire des sciences.

N.B.: Le préfixe micro- sera pris en son sens large de « petit » mais non nécessairement un millionième; ce pourra être un millième par exemple.

On aura pu savoir que les processus mentaux d’une durée inférieure à un seuil critique n’avaient pas d’accès direct à la conscience, mais que la conscience comme telle d’une information intelligible requérait un temps plus long et, en tant que sujet d’étude, un temps encore plus long.

La découverte de la mécanique quantique aura confirmé l’existence des trois temporalités (cf. Table suivante où les idées relatives à la mécanique quantique sont indiquées).

Table d’idées liées à la temporalité

Type de temporalité Type de processus Humanité Idées scientifiques
Micro-temporalité Influx nerveux : matérialité Paquet d’onde (théorie quantique) Moi inconscient
Discontinuité Discontinuité Discontinuité Discontinuité
Temporalité ordinaire ou courte Gestes et états conscients ; cérébralité Observation ordinaire (effet quantique perceptible) Sujet conscient
Discontinuité Discontinuité Discontinuité Discontinuité
Longue temporalité Histoire des sciences ; référentialité Observation en tant que données scientifiques (réduction du paquet d’onde) Science

L’induction, cette opération consistant à généraliser un raisonnement ou une observation pour en faire une loi scientifique, n’aura pu rendre compte du passage de la courte temporalité ordinaire à la longue temporalité de la science. Elle aura en fait représenté une discontinuité profonde.

En psychanalyse, les différences de temporalités seront essentielles, tout en demeurant sous-entendues. Il arrivera par exemple fréquemment que le « sujet » soit décrit selon la courte-temporalité (ou temporalité ordinaire) et que le « moi » soit analysé ou désigné d’après la micro-temporalité.

Les processus de l’inconscient (au sens freudien) se déroulent dans la micro-temporalité, d’une façon qui échappe donc au sujet qui ne se comprend en général que compris dans la temporalité ordinaire, ou courte temporalité. Mais les processus de la micro-temporalité deviendront plus clairs de correspondre à ceux de la courte temporalité lorsqu’on la rapportera à la longue temporalité des développements théologiques et psychanalytique qui affectent l’humanité. La correspondance des types d’interactions s’écrira ainsi : la discontinuité entre conscience et interactions cellulaires =>> la discontinuité entre la science et les interactions humaines …  On désignera comme CÉRÉBRALITÉ ce qui correspond chez l’enfant à la RÉFÉRENTIALITÉ chez l’humanité : la cérébralité =>> la référentialité

 

C   L’immortalité ?

Les morts auront été des vivants d’un certain genre qu’il sera demeuré bon d’évoquer, d’honorer ou de prier. Le culte des ancêtres en particulier reviendra en tant que reconnaissance définitive, les morts devenant des éléments du divin. Le groupe aura ainsi pu croire exister toujours.

On aura cru à l’immortalité dès les premières sépultures de la préhistoire. Le groupe aura cru en sa propre immortalité tout en reconnaissant celle du disparu.

Il y aura eu les grands ancêtres, les héros civilisateurs ou les démiurges, puis les divinités créatrices, omnipotentes et éternelles, accompagnées souvent de nombreux saints.

Les reliques, qui auront été jadis, par exemple, les armes, les symboles ou les ossements du défunt, auront été censées manifester à jamais sa présence.

Dans certains cas, la vie référentielle particulière sera restée anonyme. Ainsi les contes sont surchargés de pulsions que l’humanité aura ressenti profondément en elle-même. « Rêves primitifs de la jeune humanité », aura dit justement Freud.

 

Une grande et forte présence

Lorsqu’un auteur meurt, son œuvre survivra à sa place, mais en fait il continuera de vivre avec elle, dans la longue temporalité, en tant qu’auteur de référence.

La vie référentielle sera vue comme la seule qui sera partagée par tous et pour longtemps.

Précisions : On aura dit volontiers que « Platon » inspire encore. Ce ne sera pas seulement son œuvre qui transcendera le Platon organique, mais Platon lui-même (i.e. Platon de référence tel que cité en philosophie) en tant que transfiguration de ce qu’il était lorsqu’il existait de chair et en os. L’auteur demeure au principe de son œuvre.

Tout chercheur reconnu se situera dans la longue temporalité.

La Renaissance italienne a insisté sur la libre créativité de l’individu. L’homme, pensait-on, choisit sa destinée. Selon Marsile Ficin, l’âme est puissante et a de grandes ressources pour l’action. Nul doute qu’il visait par là la vie référentielle notable de ses contemporains et de ceux qui viendraient encore. Ce type d’idée revivra de plus belle.

La vie référentielle, en quelque sorte « immortelle », ou plutôt de durée indéterminée pouvant dépasser les siècles et les millénaires, aura été souvent d’une richesse inépuisable comme le suggère par exemple la vie de Shakespeare. On n’en finit plus, non seulement de rejouer ses pièces, mais de déchiffrer de nouveaux détails révélateurs d’une pièce comme Hamlet (Au long La Tragique Histoire d’Hamlet, prince de Danemark) et ce dans un grand nombre de langues du monde. Shakespeare vit intensément encore de nos jours et vivra sans doute encore longtemps.

Paradoxe peut-être salvateur : Le sujet, d’abord organique puis de plus en plus référentiel, ne saura qu’après sa mort organique celui qu’il aura été et qu’il sera authentiquement.

La vie référentielle d’un auteur se poursuivant, ses intentions réelles s’éclaireront dans la longue temporalité d’une lumière qu’il ne soupçonnait pas au départ.

On entretiendra dans la longue durée de grands projets tels que celui de la pleine reconnaissance d’une petite nation. Des siècles auparavant, les initiateurs du projet, longtemps lus et relus, y seront rencontrés toujours bien vivants.

Le projet à long terme et toujours vivant d’un humanisme socialiste, comme Marx l’avait pensé dans ses œuvres de jeunesse, animera encore longtemps la pensée politique future.

On aura toujours l’impression que la mort organique (ou biologique) est quelque chose d’insupportable, mais on lui accordera de moins en moins d’importance au regard de la longue vie référentielle qui se poursuivra par la suite.

Précision idéométrique : Le jeune enfant se laisse facilement gagné par le ressentiment lorsqu’il voit un autre servi avant lui ou manipulant un nouveau jouet avant lui. Il apprendra à se dominer et à tirer de plus en plus de contentement d’avoir su se retenir.

Ce sera une question de maturité. On évoquera l’image de l’enfant qui s’ennuie avec tous ses jouets, mais qui apprendra qu’il y aura toujours de nouveaux jeux.

Ce type d’immortalité, qui est plutôt une longue temporalité, suscitera d’abord la peur du temps trop long, mais la vie référentielle en sera fréquemment une d’explorations et de découvertes, ce qui fera fuir tout ennui. L’image de l’enfant désabusé sera utilisée. On montrera que, si l’enfant en a vite assez de chacun de ses jouets, il n’arrêtera jamais de découvrir et de rencontrer de nouveaux êtres.

 

D   L’autobiographie

On aura conçu la biographie en général comme un jugement définitif sur la vie d’une personne. Dans la tradition, par exemple, on aura retrouvé les Vies parallèles des hommes illustres de Plutarque, présentées comme 22 paires, chacune mettant en parallèle un homme grec et un homme romain, par exemple Alexandre et César, ou Démosthène et Cicéron.

Les biographies figées auront entendu le plus souvent rendre compte de la personne elle-même, telle qu’elle devait être conçue en soi. Cependant il sera souvent possible de leur redonner vie.

Les biographies authentiques véhiculeront des messages de personnes vivantes à considérer comme des vies référentielles en cours.

L’autobiographie : convergence de son identité et de la longue temporalité

Il ne faudra jamais confondre la personne organique de l’auteur avec la figure de lui-même que le romancier aura présentée dans son œuvre. Par contre, celui-ci avant sa mort, même s’il demeure incomplet en tant que sujet, se prolongera naturellement en tant qu’AUTEUR RÉFÉRENTIEL vivant dans la longue temporalité par la suite.

L’autofiction, espèce du genre romanesque et autobiographique, sera devenue l’un des principaux genres littéraires. Elle aura été définie comme « un roman personnel à la fois fictif et autobiographique » (Hervé Guibert)

La biographie tendra à faire vivre ou — pourquoi pas ? — revivre une personne un peu comme auront voulu le faire avec Jésus les lecteurs de la Bible chrétienne, de même que d’autres saints ou prophètes d’autres religions telles que le bouddhisme ou l’islam.

Jésus et Allah seront tenus pour des Dieux autobiographes.

On parlera également de la vie référentielle du Dieu qui est sans nom ou qui est son nom, et qui interpelle Moïse ainsi sur le mont Horeb : « Je suis qui je suis ». Il s’agira là peut-être de la plus courte et de la plus spirituelle autobiographie qui fût jamais ! (Daniel Oster)

L’autobiographie se fera éventuellement salvatrice parce que répondant à nos questions sur notre origine et sur le sens.

 

E   Le charisme

Le charisme référentiel représentera ce qui suscite l’adhésion remarquable du plus grand nombre de connaissants dans le domaine considéré. Il sera distingué du charisme médiatique, qui concerne souvent plus la photogénicité ou la simple rhétorique.

Max Weber aura donné un sens scientifique à l’obscur concept théologique de charisme et en aura généralisé l’usage. Il s’avérera plus qu’utile dans l’avenir à long terme, où il signifiera le potentiel réel d’influencer, ou de faire impression, d’une source référentielle quelconque, œuvre, auteur ou nation (ou groupe religieux…). Il sera de portée philosophique, politique ou éthique, religieuse, littéraire, esthétique, …

Le charisme référentiel sera ici défini comme le potentiel réel de charisme dans le GEA (donc proche de ce que Max Weber aura appelé potentiel réel).

Les facteurs les plus connus du charisme référentiel seront la notoriété de l’auteur et l’expérience des éditeurs, mais on n’aura jamais su d’avance l’accueil à d’éventuels caractères novateurs du thème, de l’écriture ou du texte dans leur ensemble.

Le charisme d’une œuvre ébranlera et parfois troublera son lecteur, parfois durant des siècles.

Chaque nouvelle œuvre représentera un projet dont l’issue sera totalement imprévisible.

Les œuvres les plus importantes pourront d’abord ne rencontrer que l’échec puis, après plusieurs décennies ou même des siècles, une consécration plus ou moins durable.

On l’aura su depuis longtemps, l’œuvre qui se présente de façon invendable peut connaître un succès inexplicable, et vice versa, l’œuvre qui présente toutes les qualités peut échouer platement.

On ne saura peut-être jamais expliquer clairement ce qu’est le charisme ni d’où il provient sinon d’un grand potentiel de création ou de découverte que possède l’humain et dont l’origine est inconnue ou, si cela a un sens, due au hasard.

Dans le cas de textes sacrés, on aura invoqué le charisme qui relève de la « grâce de Dieu » sans qu’on ait trop su ce que cela signifiait.

Le charisme référentiel peut faire passer l’œuvre à la longue temporalité.

Le charisme durable

Le charisme référentiel d’une œuvre, d’une personne, d’une culture… génèrera des effets dans la longue temporalité. Il arrivera qu’il décroisse jusqu’à disparaître comme par exemple dans le cas de cultes ou de religions du passé. Dans d’autres cas, il s’amplifiera au cours des siècles comme l’aura fait le charisme des grands philosophes.

Dans bien des cas, le charisme ne sera constatable qu’après coup, dans la longue temporalité. Il ne s’annoncera de façon sûre par aucune intuition ni par aucun signe. Il sera en grande partie imprévisible bien que non arbitraire.

Le charisme des auteurs s’accompagnera d’un charisme indirect des lecteurs ou des spectateurs sur le long terme du développement du GEA. Le cas des textes sacrés qui traversent les millénaires montrera bien, en effet, le caractère créatif des lecteurs qui effectuent leurs choix et en particulier lorsqu’ils peuvent réagir de plusieurs façons (mentions « j’aime », partages, images…)

Le féminisme aura fait preuve d’un fort charisme référentiel aussi bien auprès des femmes que des hommes. Il en aura été de même de certains mouvements homosexuels, queer ou de défense des droits humains, etc.

Le modèle de l’enfant nous permettra indirectement de recourir aux <connaissances> qu’ont les déités elles-mêmes de ce qui nous attend, étant entendu que l’<enfant> ne sera en mesure de les <comprendre> que plus tard, dans l’avenir.

N.B. : Les chevrons indiquent qu’il s’agit de l’idéomorphie généralisant l’idée dont le nom est placé entre chevrons.

Le rôle des lecteurs dans le GEA sera mis en correspondance avec la fonction des neurites : dendrite sera à axone comme lecteur à auteur, et à la plasticité comme au charisme. La plasticité, cette capacité du cerveau de créer, défaire ou réorganiser les réseaux de neurones et les connexions de ces neurones correspondra de façon détaillée au charisme référentiel, ainsi que l’indique la Table suivante.

Table idéométrique sur le charisme référentiel

Humanité Enfant
Référentialité Cérébralité
Lecteur Dendrite
Auteur Axone
Charisme référentiel Plasticité neuronale

F   La convergence de la science vers la philosophie

On aura cru, à la Renaissance, qu’il y avait deux espèces d’hommes, l’homme terrestre et l’homme céleste, comme il y a deux mondes, le monde sensible et le monde intelligible. On opposait ainsi le corps à l’âme. On aura découvert sur cette base que les degrés du réel se décalquaient les uns sur les autres, qu’il existait une hiérarchie cosmique comme des reflets plus ou moins clairs, et que l’homme y participait de façon privilégiée. Le thème des correspondances aura été inépuisable. Ce type de relation entre idées annonçait donc déjà l’idéométrie tout en mettant en évidence le caractère profond de son origine.

L’enfant se trouve à annexer dans son vocabulaire les pseudo-mots qu’il employait jusque-là pour désigner certaines choses. Cette situation est de nature à éclairer le transfert de pseudo-croyances (c’est-à-dire des croyances peu ou pas fondées) à la science grâce à l’idéométrie. Dans les deux cas, cela peut expliquer la vitesse avec laquelle le nouveau <langage> est acquis avec ses règles.

Passer de ce que l’enfant perçoit de façon animale, sans langage, à ce qu’il peut dire, ce sera agrandir infiniment son horizon. Telle sera la signification du passage de l’a-référentiel au référentiel.

La référentialité implicite

Une grande œuvre ne sera pas vue comme une création absolument première en son genre, mais comme située dans l’espace et dans le temps de la référentialité qui sera, la plupart du temps, restée implicite. L’auteur n’aura pas surtout voulu exhiber sa primauté ou faire parler de lui. Il aura surtout voulu participer à quelque chose de plus grand que lui. L’auteur aura voulu faire comprendre aux autres ce qu’il aura découvert et le faire apprécier par toute la Postérité.

En disant que Thalès est le « premier », on le comprendra aussitôt comme « THALÈS RÉFÉRENTIEL », donc comme l’auteur d’une pensée qui vit et évolue dans le GEA.

On découvrira les fausses évidences concernant les débuts supposés de la pensée scientifique et philosophique.

L’interprétation habituelle aura laissé entendre, de façon étonnamment peu vraisemblable, qu’avant Thalès on ne pensait pas, qu’on ne cherchait pas à comprendre. Ses recherches auront été vues comme l’origine de toute recherche alors qu’elles auront été plutôt l’origine de la référentialité des recherches subséquentes de la philosophie et de la science, qui se seront séparées dans la modernité.

Les penseurs présocratiques n’étaient pas les premiers savants ni les premiers théologiens, contrairement à ce qu’on prétendait encore au début du XXIe siècle, mais ils auront été les PREMIERS PENSEURS DE LA RÉFÉRENTIALITÉ DU GEA. Seront-ils ainsi moins visionnaires, moins géniaux qu’on ne le croyait ? Non, mais leur génialité sera aussi celle des lecteurs qui les auront reconnus, interprétés et qui auront transmis leur pensée, incluant Platon et Aristote, et une multitude d’autres.

On aura tenu pour évident que ce qui appartient à la seule référentialité connue suffisait à avoir une compréhension globale. Le fait d’ignorer la référentialité passée rejoindra celui d’ignorer la référentialité future, qu’on désignera plus loin, ici, par le FÉTICHISME DE LA PENSÉE.

On citera longtemps le cas frappant à cet égard de Martin Heidegger lorsque, d’un point de vue philosophique, il parle de la science qui, selon lui, ne pense pas. Heidegger prend l’exemple de la physique.             « La physique, écrit-il, se meut dans l’espace et le temps et le mouvement. La science en tant que science ne peut décider de ce qu’est le mouvement, l’espace, le temps. La science ne pense donc pas, elle ne peut même pas penser dans ce sens avec ses méthodes. »      C’est gros mais ce que Heidegger aura voulu dire est simple et conforme aux faits. D’abord prétendre que la « physique se meut dans l’espace et le temps… », ce qui est inintelligible au physicien, aura signifié pour Heidegger qu’il existe une sorte d’espace référentiel où l’on découvre des choses comme des idées ou des théories nouvelles. Cependant le scientifique dans l’exercice de ses fonctions de chercheur n’a pas à se référer à autre chose qu’aux découvertes de son propre domaine. Il peut notamment faire fi de toute recherche philosophique, c’est-à-dire de toute la référentialité philosophique qui, pourtant, serait plus que pertinente.

Heidegger aura affirmé que la question « qu’est-ce que ? » n’est pas une question physique. Le physicien risquerait encore ici de se perdre. Encore ici, toutefois, Heidegger aura voulu dire que le physicien qui veut se faire philosophe ne pense pas à explorer d’abord le monde référentiel des philosophes. Ainsi il manque non seulement de se référer aux découvertes de Platon et d’Aristote, mais également à celles de Hegel et surtout bien sûr… de Heidegger lui-même !

Selon Heidegger, le physicien qui veut s’aventurer sur le terrain du questionnement profond perd rapidement pied, et ne peut, bien souvent, énoncer que de vagues généralités. … Cette situation n’aura pas été spécifique de la seule physique, mais se sera retrouvée dans toutes les sciences. Chacune se sera déployée dans un domaine particulier, délimité par un certain nombre de concepts fondamentaux, mais aucune ne pouvait déterminer, avec les outils qui étaient les siens, l’essence de ce domaine. « La science historique étudie […] une époque de long en large, sous tous les aspects possibles [mais] ne recherche jamais ce qu’est l’histoire. … L’essence de leur domaine – l’histoire, l’art, la poésie, la langue, la nature, l’homme, Dieu – demeure inaccessible aux sciences. » N’ayant pas accès à l’essence de leur domaine, les sciences ne peuvent se connaître elles-mêmes.

La situation aura été d’ailleurs tout à fait ironique. Et si, en effet, la physique apparaissait elle-même comme résultant d’une structuration mathématique globale qui serait assimilable à notre origine ? C’est la philosophie heideggerienne qui, faisant fi de la référentialité mathématique et physique, notamment en ce qui concerne les théories modernes de la relativité et la mécanique quantique.

En fin de compte on voudra quand même donner raison à Heidegger sur le fond. Bien que la science soit, et cela nécessairement, dit-il, séparée de la philosophie, elle est cependant toujours déjà en rapport avec elle. « Sans le savoir, dit ce philosophe, elle se rattache à [la] dimension [de la philosophie] », au point que « toute science est dans son fond, et de manière latente philosophie ».

 

G   Le potentiel réel et les contraintes

Trois sortes de possibles

Les potentialités réelles d’un système réel quelconque seront définies selon trois nouvelles acceptions distinctes du possible : 1) l’ACTUALISABLE, c’est-à-dire ce qui est réalisable immédiatement et 2) le POTENTIALISABLE, c’est-à-dire ce qui est réalisable aussi bien de façon immédiate que de façon différée, ce à quoi s’ajoute 3) l’ALTÉRO-POSSIBLE, c’est-à-dire, en gros, ce qui traduit le possible d’autres réalités, des réalités qui auraient pu exister en lieu et place de notre réalité universelle effective, qui ne se réduisent pas à un produit du hasard, mais qui supposent une sortie de notre champ habituel du possible.

Ces distinctions découleront naturellement du modèle de l’enfant 12 mois, celui-ci possède une capacité actualisable de marcher et une capacité potentialisable mais non actualisable de parler. L’altéro-possibilité concerne les personnes autres que l’enfant, éventuellement susceptibles d’intervenir dans son développement. Leurs interventions éventuelles sont pour l’enfant altéro-possibles. Par correspondance, les déités relèvent de l’altéro-possible en science. Transposons ces distinctions au cas d’un enfant de 18 mois qui observe le petit monde autour de lui.

Tableau illustratif de trois sortes de possibles

Les trois sortes de possibles Humanité actuelle Enfant de 18 mois environ
Actualisable Envoyer d’autres sondes sur la planète Mars Observer le monde extérieur par la fenêtre de sa chambre
Potentialisable Envoyer des humains débutant une colonisation sur Mars Se rendre à l’extérieur de la maison afin d’explorer la cour arrière de la maison familiale
Altéro-possible Acquérir de nouvelles capacités d’explorer le super-espace des déités et d’en rencontrer de nouvelles Acquérir la capacité d’explorer le monde extérieur en y rencontrant d’autres personnes

N.B.: En fait, il y aura d’autres sortes de possibles, notamment celles qu’on pourra associer à l’ontologie mathématique.

Applications : les sélections comme contraintes

Le potentiel réel global initial de production de corps physiques, biologiques ou sociaux sera considéré comme leur origine première, alors que les sélections résultant des contraintes entropique, biologique ou économique seront vues comme nécessités d’ordre pratique au développement de ces types de corps.

La sélection naturelle est l’une des principales contraintes qui auront pesé sur le développement de la vie biologique dans son évolution particulière. Cependant elle ne peut par elle-même tenir lieu de potentiel de développement de nouvelles formes, lequel est relié aux potentialités réelles de l’Univers.

D’autres contraintes importantes auront été à l’œuvre dans l’évolution générale de l’Univers physique des formes ou des systèmes réellement possibles au départ. Ainsi l’entropie aura joué un rôle clé dans l’évolution des objets purement matériels ou physicochimiques. L’économie capitaliste et, en particulier, les notions d’offre et de demande, auront joué un rôle correspondant de contraintes sur le développement des sociétés humaines.

On ne comprendra plus la sélection naturelle comme la force ou le moteur de l’évolution, ni comme l’origine des espèces, mais plutôt comme une contrainte importante qui aura pesé sur le potentiel réel initial (tout ce qui est potentialisable au départ) d’un développement de formes dont la plupart ne se seront pas produites parce que peu ou pas adaptées à l’environnement existant.

Les contraintes sur le potentiel réel auront souvent été vues comme l’origine des processus découlant du développement. On considérera qu’en fait, elles déterminent plutôt la façon dont le développement des potentialités s’effectue. Cela se transpose dans le cas de l’enfant : il apprend à parler en se conformant nécessairement à son génome humain et aux interactions avec le milieu de son développement. De façon générale, le POTENTIEL RÉEL GLOBAL de l’enfant se développe en même temps qu’il grandit à travers plusieurs contraintes, celle de son génome bien sûr, mais aussi celles de son milieu familial et éducatif, de même que celles de son adaptation nécessaire aux éducateurs eux-mêmes et aux besoins particuliers, idiosyncrasiques qu’il possède en propre.

Le GEA se développera d’après les contraintes irréversibles du temps référentiel, c’est-à-dire la longue temporalité de pair avec le charisme référentiel.

Le charisme référentiel apparaîtra lui-même comme une contrainte incontournable en ce qui concerne le développement du GEA, celui-ci devant être effectivement reconnu, compris et apprécié.

Un certain pragmatisme prévaudra en ce qui concerne la façon d’accepter ou de juger ce qui résultera des contraintes portant sur un développement. Il est en effet impossible de connaître le contenu valable ou non du potentiel réel d’une personne ou du monde. L’observation du charisme référentiel servira en pratique de critère ultime.

 

La contrainte dialectique

Les contraintes s’imposant sur le développement du potentiel réel de connaissance de l’humanité dans l’histoire seront reconnues comme comprenant celles de la dialectique : toute découverte d’ordre intellectuel doit pouvoir être examinée, critiquée et discutée au moins par un certain nombre de personnes suffisamment qualifiées. Les thèses se suivent et se contredisent, certaines étant momentanément tenues pour vraies. La discussion, toutefois, ne sera pas considérée comme l’origine générale ni même comme une condition nécessaire à l’émergence de nouvelles idées ou théories scientifiques, la seule condition évidente requise étant celle de la reconnaissance référentielle, laquelle devra s’appliquer à tout type de recherche ou de connaissance.

À l’opposé de l’empirisme, l’épistémologie constructiviste aura posé que la connaissance s’établit au moyen d’une dialectique entre le sujet et l’objet, du type hypothèse-théorie / corroboration-découverte. En fait, cette dialectique représentera une contrainte inévitable dans toute entreprise d’auto-apprentissage, laquelle par définition repose sur les idées d’objectivité et d’application.

 

Potentiel et contrainte en mécanique quantique

La mécanique quantique nous aura offert l’exemple d’une science extraordinairement précise et efficace, mais sans représentation intelligible du monde. On se rendra compte, par la suite, que les concepts de potentiel réel et de contrainte découlent en quelque sorte de cette théorie. Ce qui aura été appelé le paquet d’onde représentera le potentiel réel d’un système, et l’observation en tant qu’allant nécessairement de pair avec la réduction du paquet d’onde représentera la contrainte nécessaire pour l’existence d’états réels et effectifs du système.

La mécanique quantique se sera représenté un système physique en se plaçant dans un espace mathématique abstrait, un espace vectoriel de dimension infinie, qu’on appelle un « espace de Hilbert », censé représenter l’ensemble de tous les états possibles du système. Ce type de formalisme exprimera donc en principe le contenu du POTENTIEL RÉEL DU SYSTÈME, l’observation référentielle au présent servant de contrainte scientifique statutaire.

Le TEMPS RÉFÉRENTIEL apparaîtra comme la contrainte la plus générale opérant scientifiquement sur le développement du potentiel réel référentiel en général. Il équivaudra à une série continuelle de réductions de paquets d’ondes. Quand on aura une meilleure idée du potentiel réel humain ou autre, on constatera la forte sélection inhérente qui s’effectue à chaque moment.

 

Contraintes technologiques

Nous ne croirons pas que les technologies des communications aujourd’hui nouvelles sont à l’origine de la société actuelle et des aliénations qui la caractérisent. Ces technologies représenteront plutôt des contraintes s’imposant au développement potentiel de l’humain. Internet, par exemple, y sera pour quelque chose dans ce qu’il y aura eu de nouveau, mais seulement à titre de conditions techniques à travers le type desquelles il nous aura été normal de passer.

 

H   Le fétichisme de la pensée

Les penseurs classiques croyaient pouvoir posséder un savoir définitif ; les auteurs modernes n’auront pas cru posséder le savoir définitif dans leur discipline ou leur ligne de pensée, mais auront cru que leur discipline ou leur ligne de pensée était la bonne. Dans les deux cas, les penseurs classiques aussi bien que les modernes n’auront pu considérer la possibilité d’aucune véritable évolution référentielle future de la pensée.

Les penseurs classiques avaient tendance à se poser en référence dernière, ou suprême, comme si tout le GEA futur se condensait à la pointe de leur pensée. Les auteurs modernes, eux, auront été généralement plus modestes, se contentant de concentrer autour de leur pensée le plus récent massif référentiel.

L’avenir sera-t-il « lucide » et « juste » seulement s’il nous donnera finalement raison sur les points qui nous importent, qui nous tiennent à cœur maintenant ? Il nous faudra, au contraire, apprendre à concevoir que, non seulement nos plus grandes conceptions de la vérité et de la justice seront remises en question, mais aussi que nos références les plus hautes changeront.

 

L’égotisme humain

On aura cru à tort pouvoir, et même devoir, poser des restrictions et des démarcations : voici ce qu’est la science, voilà ce qu’elle n’est pas, voici ce que la science peut savoir, voilà ce à quoi elle doit renoncer. Par ses constats d’impossibilité, on se sera trouvé à conclure de son incapacité actuelle de la pensée à son incapacité absolue.

Notre rapport actuel au futur aura été égotiste et notre représentation la plus favorable de l’avenir nous l’aura fait voir comme devant essentiellement confirmer ou consacrer nos attentes.

On donnera tort aux auteurs qui auront paru les plus crédibles, tous étant convaincus que leur position dans le GEA constituait un point d’arrivée plutôt qu’une simple étape dans un processus beaucoup plus long qu’on aurait pu le croire.

Nos plus grands penseurs ne seront sans doute plus les mêmes et, si certains noms, certaines œuvres, demeurent importantes, ce ne sera plus pour les mêmes raisons.

 

L’idée de l’évolution

On développera une nouvelle idée de l’évolution selon laquelle toutes nos idées, y compris nos idées sur l’évolution, évoluent elles-mêmes et se transforment profondément. Cela signifiera dans un premier temps que nous ne pourrons nous en tenir à une certaine conception de l’évolution, mais que nous pourrons en arriver à considérer toute une série future évolutive de conceptions tendant vers l’accomplissement des idées d’évolution. Et, après coup, trouvera-t-on presque aussi naïve une telle démarche? Non, sans doute, pour la raison que le passage à l’idéométrie (implicite ici) confère un tout nouveau point de vue en correspondance avec celui de l’enfant devenu effectivement capable d’échanger par le langage avec son entourage.

 

L’immaturité actuelle

L’idéométrie, le Projet Respect, ne prendront tout leur sens qu’à long terme.

Plusieurs autres révolutions scientifiques et philosophiques sont encore devant nous.

Considérer la vie référentielle future des œuvres signifiera entre autres tenir compte de la grande immaturité actuelle de l’humain dans son développement global.

Le formalisme idéométrique se développera de façon abstraite et portera sur des phénomènes observables au sein d’un environnement pré-adapté aux découvertes mathématiques. Celles-ci seront effectuées dans un super-espace dont l’étendue nous échappera complètement, et elles se produiront dans la longue temporalité.

Au moment actuel de l’histoire (début du XXIe siècle), l’humain restera encore incapable de maîtriser quoi que ce soit d’important par lui-même et il devra compter sur des ressources inconscientes dont il ignorera longtemps la nature et la provenance. Ce ne sera que dans l’avenir à long terme que l’humain découvrira certaines de ses capacités encore complètement ignorées mais essentielles à son développement.

L’humain d’aujourd’hui, par rapport à celui du passé, aura été plus rationnel, mais d’une façon telle qu’il est embarrassant de parler de rationalité dans son cas. Disons qu’il s’efforce de spécifier, de délimiter, d’évaluer, de supputer, mais il juge trop vite et mal, en particulier, lorsqu’il s’agit de lui-même.

L’humanité d’aujourd’hui considère ce qu’elle a appelé « raison » d’un œil critique et parfois accusateur. La raison, pourtant, n’y aura été pour rien puisque l’humanité n’a jamais été un être de raison accompli.

On dit que la raison a été impuissante à maîtriser ce qu’elle a mis en œuvre dans l’histoire. On parle alors, bien sûr, de l’humanité, non de la raison elle-même.

Dans la plupart des sociétés démocratiques, de nos jours, on arrive assez bien à se tolérer mutuellement. Pour en arriver au véritable respect mutuel, cependant, la route sera encore longue.

Un impressionnisme de la pensée

La science moderne aura jusqu’à présent cherché en fait des explications, mais sans que la compréhension n’y soit essentielle.

La science dite moderne aura visé une « réalité » qu’elle n’aura su que difficilement interpréter.

Faire des hypothèses et en chercher d’autres sera plus scientifique que de confirmer des lois.

Le mot science aura représenté la plus forte impression de savoir que l’humanité ait jamais éprouvée dans son histoire jusqu’à présent. Son utilisation avec celle des expressions dérivées telle que scientifique, chercheur ou spécialiste auront produit en outre l’effet d’engagement bien particulier qu’est la reconnaissance référentielle. Ainsi en va-t-il des mots philosophe ou penseur, qui supposent également l’existence de références authentifiées.

L’ANALYSE IMPRESSIONNISTE représentera un effort critique vers l’idée non accomplie d’une décision quant à la vérité qu’il nous sera effectivement possible de découvrir.

 

I   La convergence référentielle

L’accessibilité de tous au savoir et à la création

La connaissance du contenu du potentiel réel de l’humain aura peut-être échappé même aux déités, tout comme, par idéomorphisme, le contenu du potentiel réel de l’enfant est ignoré par les parents.

Selon la perspective la plus rationnelle, les objets créés dans la culture seront compris comme des créations résultant des potentialités humaines globales plutôt que de simples effets de causes déterminables, lesquelles agissent plutôt en tant que contraintes.

La vie référentielle de chacun représentera un élément de recherche créative dans l’ensemble des domaines de la création / découverte (mathématiques, physiques, …philosophiques, artistiques, littéraires…). Cela se comprendra de pair avec la façon dont les neurones de l’enfant constituent progressivement sa conscience.

La convergence ne signifiera pas une fusion, mais plutôt l’auto-assignation d’un but commun.

 

La Révélation référentielle

La révélation idéométrique sera en quelque sorte une continuation naturelle des révélations des différentes religions.

L’idée d’un salut futur au sens large aura à la fois un fondement chrétien, bouddhiste, islamique, etc.

La recherche idéométrique ira de pair avec le fait de la révélation idéométrique au sens fort, c’est-à-dire le dévoilement de ce qu’on aura pris comme « mystère de Dieu ».

On reconnaîtra la manifestation d’une véritable RÉVÉLATION RÉFÉRENTIELLE, incluant une RÉVÉLATION IDÉOMÉTRIQUE, qui sera en quelque sorte confirmée par des « signes » coïncidant avec les correspondances idéométriques en tant que faits porteurs d’une sorte extraordinaire de discours vrai.

La Révélation référentielle se donnera comme un acte en cours de la divinité maternante, qui se sera effectué dans la durée de l’histoire, tel un face à face, le nom de la divinité étant encore imprononçable par l’enfant-humanité.

Le charisme amènera les relectures incessantes et les proclamations sur les longues durées.

Le charisme aura arraché la pauvre histoire d’un groupuscule pour l’engager dans le Temps de l’avènement, qui la libèrera de tous les déterminismes connus, en fera une Révélation, qui ne se réduira à aucune enquête psychosociale.

Le charisme fera de l’œuvre une origine et de son auteur une quasi déité.

Plusieurs référentialités ainsi marquées par leurs charismes respectifs auront composé le charisme global que reconnaîtra le GEA, qu’on appellera demain la Somme des référentialités ou la GRANDE BIBLE.

L’incapacité d’observer et de chercher les relations idéométriques entre les idées scientifiques jusqu’au milieu du XXIe siècle sera attribuable en grande partie à la spécialisation disciplinaire et au fétichisme de la pensée.

 

La Grande Bible

On considérera plusieurs Livres sacrés et d’autres œuvres à un certain moment plus marquantes, telles que les traités scientifiques correspondant aux différentes disciplines, et plusieurs corpus littéraires, le tout constituant la Grande Bible, qui est un autre nom du GEA, marquant la continuité avec le passé référentiel.

La théologie apparaîtra comme révélée par une recherche d’ordre idéométrique, donc mathématique. Elle prendra une grande importance dans la recherche la plus générale sur la genèse du GEA (l’esprit de la déité-humanité) en la comprenant comme un produit du développement global de la référentialité depuis les débuts de la société humaine. Ainsi la théologie aura un statut éminemment scientifique.

Dieu n’aura pas écrit un livre, mais il aura <parlé> dans son langage. La foi deviendra une foi référentielle, c’est-à-dire la foi en ce qu’enseigne le GEA sur ce qu’on tient et tiendra couramment comme vrai et comme réel.

La Grande Bible, en s’enrichissant, permettra de comparer, de relativiser, de critiquer, de sélectionner, d’élargir la perspective. Elle permettra aussi de fonder une thèse ou une théorie. Elle représentera d’une certaine façon la conscience grandissante d’une humanité encore très jeune.

Les philosophes athées tels que Feuerbach, Marx, Nietzsche ou Sartre auront critiqué certaines façons de croire donnée de façon dogmatique ou fétichiste, plutôt que résultant d’une recherche référentielle.

 

La convergence des croyances

Dans tous les lieux de recherche, partout dans le monde, on trouvera crédible l’existence du Dieu chrétien en tant que référentielle. On croira que la référentialité de Jésus est réelle et qu’elle a produit des effets réels remarquables, et qu’elle le fera sans doute encore. Or il en ira de même pour le Dieu de l’islam et, à différents niveaux d’authenticité, pour les divinités de chaque religion.

Le dialogue sincère dans le respect mutuel aura pour effet, au moins au cours de la longue temporalité des siècles à venir, qu’on puisse petit à petit s’entendre sur les différences en ce qui concerne ce qui est vrai et ce qui est faux, en science ou philosophie aussi bien qu’en théologie.

La tâche du théologien se révélera dans l’effort de rendre référentiellement parlant et aussi convaincant que possible le langage de la révélation.

L’idée d’une GRANDE CONVERGENCE RÉFÉRENTIELLE s’imposera comme un point de vue global réellement tout inclusif en matière de croyances.

Le dessein de Dieu en ce qui concerne notre salut aura consisté d’abord et surtout en notre meilleur développement possible vers la déité que nous formerons globalement.

 

La convergence philosophique

La vie référentielle de l’humanité apparaîtra comme celle d’un Esprit historique qui aura commencé à prendre conscience de lui-même. Ce sera une interprétation en partie compatible avec la philosophie de Hegel. Il est entendu, toutefois, que la recherche est encore très loin d’être achevée et qu’elle tendra vers l’inclusivité de tous les groupes humains identitaires.

On réinterprétera la philosophie de Hegel à la lumière de l’idéométrie. La révélation s’identifiera au mouvement même de la dialectique, c’est-à-dire de la négativité. Elle fera irruption dans l’histoire et son objet sera de faire connaître à l’homme ce qu’il est. On ajoutera entre autres qu’étant donnée la grande immaturité actuelle de la science et de la philosophie, l’illumination la plus éclairante n’est pas pour tout de suite.

En continuité également avec la pensée de Schelling, les chercheurs reconnaîtront qu’il faut ramener la négativité hégélienne vers quelque chose de réel, voire vers de l’irrationnel : « Rien n’est plus irrationnel que de vouloir rationaliser ce qui ne se donne pas pour rationnel. » Cependant on sera d’accord avec la prétention hégélienne de principe au rationnel, et avec Schelling, qui aura eu également raison de substituer au rationnel la possibilité de l’encore impensable.

Nos expériences historiques nous auront appris beaucoup et comme un peu trop vite pour ce que nous aurons été aptes à comprendre. Nous découvrirons toutefois bientôt que ce qui nous est encore impensable s’éclairera par l’usage du <langage des déités>.

Plusieurs projets philosophiques seront encore vivants, inspirés par les grands philosophes, en tant que recherche et en tant que pratique. On considérera par exemple l’idée de la vie bonne et rationnelle dans la littérature aristotélicienne, la vision marxiste de l’histoire humaine caractérisée par la réduction de l’aliénation et l’augmentation de l’autonomie, de la culture et de la communauté, la volonté nietzschéenne d’un être pourvu d’une puissance, d’une créativité et d’une complexité supérieures, chez Nozick le dépassement de ses limites propres, ou chez d’autres sommets référentiels, la réalisation personnelle de l’excellence humaine.

 

J   La convergence des langues

Écrire dans les réseaux sociaux ou à d’autres endroits consacrés à la création constituera une recréation des mots. Les langues évolueront de façon en partie délibérée, en partie aventureuse ou ludique.

L’usage référentiel du français, par exemple, continuera longtemps d’inspirer de grands auteurs.

Toute langue vivant d’abord du fait de ses auteurs, connaîtra au cours des prochaines décennies un développement fulgurant.

Le français deviendra une langue de culture, avec le prestige d’une langue morte comme le latin ou le grec, l’hébreu ou le sanscrit, mais encore bien vivante.

La beauté d’une langue résidera essentiellement dans sa vie référentielle.

Une loi sur la langue est quelque chose de plutôt normal, mais ce ne sera pas nécessairement ce qu’il y aura de mieux à faire. Par exemple, il faudra reformuler le problème de la langue au Québec, et en bien d’autres endroits, non surtout en termes de protection, mais plutôt en termes d’autonomie de la vie sociale référentielle.

Ce qui importera le plus aux nations ne sera pas leur langue d’usage, mais l’unicité autonome de leur vie collective.

 

K   La convergence des disciplines de recherche

On reconnaîtra que la science doit être indissociable de la philosophie et de la théologie lorsque celles-ci seront envisagées pleinement comme recherches. En ce sens, tout dans la Grande Bible sera utilisable pour la recherche, y compris les mégadonnées qui se trouveront à sa marge. Toute recherche se fera par et dans les références, et pour elles et pour leur avancement.

On découvrira qu’un grand potentiel réel leur est commun et que tout potentiel réel se développe à travers un certain nombre de contraintes plus ou moins fortes ou plus ou moins incontournables.

La personne référentielle représentera un corps de potentialités réelles ainsi que le démontrent les nombreux cas de chercheurs et de créateurs de toutes sortes. Les contraintes de sélection seront représentées par le lectorat et l’état de la recherche à travers les différentes époques, en plus de l’appareillage technique nécessaire à la survie référentielle et matérielle.

Ce que les sciences sociales auront un temps vu comme le recul spectaculaire du religieux apparaîtra plutôt, de plus en plus, comme une transformation majeure du religieux tel qu’il aura été pensé et vécu jusque-là.

Tout ce qui demeure dans la tête des humains ou se dit dans les échanges ordinaires, sans transmission électronique, entre individus, fait par définition partie de l’a-référentiel, c’est-à-dire le sans-référence.

L’a-référentiel correspondra pour l’humanité à l’inconscient d’un jeune enfant, alors que le référentiel, c’est-à-dire le GEA, correspondra à son moi conscient. Il existera un refoulement dans l’a-référentiel qui nous apparaîtra comme une forme d’autocensure.

Même si aucune connaissance scientifique assurée n’est encore effectivement possible, elle sera longtemps réellement possible, c’est-à-dire en position de donner lieu à un projet valable pour le long terme. La réalisation de ce projet supposera l’abolition de principe des frontières interdisciplinaires.

 

« Théologie mathématique »

Contre toute attente, la théologie sera qualifiée de mathématique. Cela aura été sa vocation dès le début.

La théologie selon Platon renaîtra en tant que discours sur Dieu ou les dieux, mais sous l’aspect d’une recherche à effectuer sur le long terme. Car nous aurons encore tout à découvrir sur la déité proximale et les autres déités.

Au début du XXIe siècle, la théologie qui aura commencé à dialoguer rationnellement avec la philosophie moderne et les sciences humaines en mettant en cause les présupposés doctrinaux traditionnels (notamment d’après la pensée critique heideggérienne de l’ontothéologie) se développera de concert avec les sciences de la religion et avec la philosophie critique.

Les développements idéométriques traiteront la théologie générale comme impliquant étroitement à la fois les mathématiques (incluant l’idéométrie), la psychologie de l’enfant, la (nouvelle) psychologie parentale et la linguistique.

Quant à la théologie selon Aristote, cette partie de sa philosophie qui étudie les causes nécessaires ou éternelles, elle renaîtra également sous l’aspect d’une recherche sur les origines du potentiel réel global de l’humain, en y incluant la recherche sur les déités et sur leur super-monde.

Le paradoxe d’un être de pensée, la déité, qui existe indépendamment de celui qui la pense se résoudra comme l’auront fait la plupart des mathématiciens en général, c’est-à-dire en les considérant comme des objets existant dans une sorte d’espace abstrait distinct du monde sensible.

Afin de distinguer les objets mathématiques de toute construction artificielle sans valeur mathématique, on utilisera le critère le plus habituel dans la pratique mathématique qui sera celui du charisme référentiel, c’est-à-dire ce que les mathématiciens ont appelé les preuves intrinsèques de la valeur des objets tels que définis ou tels qu’intégrés à un système axiomatique, soit leur fécondité, leurs conséquences vérifiables, la lumière qu’ils apportent sur le champ de recherche, la puissance des méthodes qui en découlent pour résoudre les problèmes, etc. Ainsi la recherche mathématique progressera normalement par et avec la théologie.

Les déités mathématiques seront traitées souvent comme des nombres ou quantités infinis dénombrables ou non. L’infini dénombrable sera analysé comme une sorte de potentialité réelle qui demeure non entièrement effective, dans le sens qu’il reste toujours des entités, nombres ou quantités, plus grandes que celles qu’on a pu observer jusqu’à un point donné, encore trop grandes pour être construites avec les moyens existants. Les infinis non dénombrables, pour leur part, mettront en cause des entités altéro-possibles encore indéfinies dans le potentiel réel des entités données.

S’il nous était impossible de définir les sortes de possibles, il nous serait impossible de concevoir l’infini mathématique.

L’infini mathématique ou idéométrique: L’enfant apprend qu’il pourra faire plus tard ce qu’il ne peut pas faire dans le présent et, pour lui, ce potentiel réel est sans fin, infini…Ce potentiel équivaut à l’une de ses parties parce que l’enfant peut apprendre que telle chose en particulier, aller à bicyclette par exemple, est également de ce type d’infini…L’enfant apprend que, si telle ou telle chose arrive plus tard, il pourra alors faire certaines choses hors d’atteinte dans le présent ; il s’agit pour lui d’une sorte d’infini non dénombrable… On dit à l’enfant qu’il existe encore plus de choses dans le monde ; ce sont des infinis encore plus grands, plus hors d’atteinte… Il y aura plusieurs déités mathématiques… L’infini des alephs renvoie aux sons émis par la mère (nombres) et à ses yeux (théorie des ensembles). C’est tout le visage, voire le corps, de la mère qui s’exprime lorsqu’elle explique à l’enfant ce qu’il pourra faire quand il sera grand.

 

Le réenchantement du monde

La grande convergence référentielle sera très inclusive, y compris même envers certaines sciences occultes.

Une forme de « communication avec l’au-delà » sera reconnue comme scientifique dans laquelle l’« esprit d’un mort » sera cette espèce d’ectoplasme qu’est la personne référentielle (ectoplasme : du grec ektos, au dehors, et plasma, ouvrage…).

L’enfant associe quelque chose à chaque son de voix qui se répète autour de lui. Son association n’équivaut pas exactement à la perception d’une situation, mais plutôt à sa pseudo-perception (<pseudoscience>), une sorte d’impression plus ou moins nouvelle pour lui. Avec l’acquisition du langage, il deviendra capable de percevoir en quoi le son accompagne étrangement son impression.

Le périsprit a été décrit par Allan Kardec, le fondateur de la philosophie spirite, comme « l’énergie corporelle d’un être vivant » et « l’enveloppe d’un esprit après le décès ». On recyclera ces données pour établir un nouveau spiritisme convergeant avec la science, c’est-à-dire un spiritisme référentiel crédible et valable, grâce aux idées nouvelles d’une VIE RÉFÉRENTIELLE CHARISMATIQUE et d’un esprit matériellement identifiable aux pensées encore vivaces du défunt.

Table idéométrique sur l’acquisition du langage par l’enfant

Humanité actuelle Enfant à l’âge de l’acquisition du langage
Idées scientifiques Son de voix
Recherche scientifique Recherche perceptuelle
Pseudoscience (recherche sans méthode scientifique) Pseudo-perception d’un mot (audition du son sans saisie en tant que mot)
Idéométrie Langage
Problème ou énigme à résoudre (ex. l’immortalité de l’âme) Jouet, poupée ou jeu de bouche et de langage (ex. présence « vivante » du nounours)
Charisme de la pseudoscience en tant que référentielle (immortalité référentielle) Attractivité du jouet (attachement à la poupée ou au nounours)

 

La mobilité dans le super-espace

On développera petit à petit une nouvelle « physique », une « physique des mathématiques », qui aura pour rôle de décrire les mouvements à travers le super-espace dans lequel se situeront les découvertes mathématiques. On la comprendra au début d’après le modèle idéométrique de l’enfant. Celui-ci effectue des découvertes du seul fait de porter le regard autour de lui. Par correspondance, l’humanité, par ses mathématiciens « purs », étudiera les mathématiques sans chercher à les appliquer de façon pratique. Une autre sorte de recherche sera idéomorphe à celle où l’enfant se déplace avec l’aide d’autres personnes ou par lui-même, ce qu’il fera naturellement de plus en plus. De même, la recherche mathématique s’effectuera grâce aux applications nouvelles en mathématique ou dans des domaines technologiques. L’usage des ordinateurs et de l’informatique permettra aux mathématiciens d’aller bien au-delà des domaines de recherche actuels. Une table à calcul d’idées pourra être établie là-dessus exhibant la correspondance détaillée entre les processus relatifs aux deux temporalité ordinaire (l’enfant) et longue (l’humanité). La Table suivante en donne une idée.

Table idéométrique sur l’exploration mathématique

Humanité actuelle Enfant à l’âge de l’acquisition du langage
« Physique » du super-espace Déplacement dans l’espace environnant
Technologie de plus en plus autonome (rôle de l’intelligence artificielle) Déplacement de plus en plus autonome de l’enfant (rôle clé du cervelet)
Découvertes mathématiques originales Découvertes d’objets plus ou moins intrigants
Mathématiques pures de la théorie des ensembles et de la théorie des nombres Explorations visuelles et auditives des objets environnants
Pour une « théologie mathématique » À la découverte des autres personnes

 

L   La convergence <éthique>

L’éthique des personnes et des groupes

Les groupes les plus vulnérables, y compris les nouveaux petits groupes et les sectes, seront protégés et aidés quant à leur développement autonome.

L’<éthique>, c’est-à-dire l’éthique convergente des groupes et des déités, impliquera que la référentialité implicite, de Thalès au début du XXIe siècle, aura été une forme d’exclusion illégitime, injuste à l’égard des autres référentialités et de tous ceux qui auraient mérité d’être référentiellement reconnus en tant que penseurs ou chercheurs de référentialités occultées. Cela aura équivalu à une forme de censure et, dans certains cas, de génocide culturel.

Les groupes sans revendication ni prétentions territoriales prendront peu à peu une place égale à celle des États-nations. Ils seront reconnus et aidés dans leur développement par la STN (la Société de Toutes les Nations), la digne héritière de la SDN et de l’ONU. Ce processus s’étalera sur plusieurs siècles.

La technologie rendra possible une virtualité qui, comme la réalité, dépassera la fiction. Ce qui s’annonce consiste en une véritable démocratisation des mondes liés à des espaces distincts mathématiquement engendrés. L’abolition de principe des frontières (référentielles) en découlera au profit de découpages résultant d’accommodements aussi raisonnables qu’il sera possible.  Au début du XXIe siècle, il y aura eu déjà des millions d’internautes habitant partiellement de tels espaces. Il sera devenu envisageable de respecter toutes les personnes concrètement, c’est-à-dire avec leur groupe d’appartenance identitaire.

Le créateur dans les réseaux sociaux apprendra à transgresser le système sociopolitique tout en développant progressivement — sur des siècles — sa capacité de respecter les autres.

Les victimes de génocides seront référentiellement immortalisées en commençant par celles de la Shoah. Jamais, en effet, aura-t-on produit autant d’œuvres marquantes — articles, livres, films… — sur un génocide même s’il y en aura eu de plus en plus rapportés dans l’histoire.

Une convergence importante sera reconnue entre le personnalisme et les autres philosophies morales. D’après la philosophie personnaliste, la personne est unité, ce qui renvoie à l’idée d’une personne ayant son propre potentiel humain à développer. On y trouve aussi que la personne est un esprit incarné et un corps spirituel, ce qui va de pair avec l’idée d’une personne référentielle telle que définie ici. On y voit en outre la personne comme un principe d’activités biopsychiques, conditionnée par le monde socio-économique, mais qui domine éthiquement ces contraintes.

Le DÉVELOPPEMENT ÉTHIQUE DE L’HUMAIN apparaîtra dans l’histoire à la fois comme une contrainte et comme un aspect proprement charismatique du potentiel humain réel.

Le féminisme

Le féminisme continuera longtemps de prendre de l’importance sous l’aspect de mouvements politiques mondiaux qui émergeront de la base dans une « société civile mondiale ». De nouveaux espaces de communication référentielle seront ainsi créés. Une solidarité féministe mondiale s’affirmera progressivement qui visera, non à nier les différences nationales ou religieuses, mais au contraire à les promouvoir en aidant les groupes d’appartenance identitaire à se reconnaître et à s’appuyer mutuellement.

Les « chaînes de sollicitude mondiales » (global care chains selon Arlie Russell Hochschild) auront permis de créer des liens solides nouveaux entre femmes de pays riches et de pays pauvres en vue de l’entraide pour leurs développements personnels et collectifs respectifs. Ce concept tendra à s’appliquer à tous et chacun, aussi bien qu’à tous leurs groupes humains d’appartenance identitaire.

Les exigences féministes de reconnaissance référentielle auront frayé la voie vers la reconnaissance généralisée des groupes défavorisés par leur relative faiblesse économique.

 

Le christianisme et le respect

Ceux qui n’appartiendront à aucun groupe identitaire chrétien, pourront néanmoins tendre à reconnaître, parmi d’autres, la vérité et la valeur de la croyance chrétienne pourvu qu’elles soient conçues comme référentielles.

Jésus aura été le Christ depuis le début pour ceux qui auront voulu le voir ainsi et qui l’auront inscrit ou lu dans le GEA. Les premiers parmi eux auront ainsi fait naître le christianisme. Ils auront répondu par leur propre action à la fameuse question : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus-Christ (de référence) ne continuera d’exister que si les hommes référentiels et les femmes référentielles du futur entendent espérer encore en lui.

On comprendra l’incarnation de Jésus comme celle de l’auteur référentiel qui se sera identifié à un corps matériel organique aussi bien que celle de l’auteur qui n’aura jamais eu un tel corps organique. L’incarnation, en effet, pourra recevoir plusieurs interprétations afin d’être universellement accessible.

On reconnaîtra Jésus référentiel comme l’auteur charismatique des récits produits par des personnes référentielles telles que les évangélistes et tous les croyants qui les auront temporalisés longtemps par la suite.

Bon nombre de chrétiens tiendront à leur Jésus référentiel et ne voudront pas le voir diminué par quelque trait de caractère ou par quelque agissement que ce soit qui résulteraient d’une investigation d’ordre simplement historique ou archéologique.

On réinterprétera le Nouveau Testament comme manifestant une « apocalypse » référentielle, la révélation d’un « secret caché dans les profondeurs de Dieu depuis l’origine des temps et maintenant dévoilé » (Éph., III, 5). Ce secret sera compris, non comme quelque chose qu’on aura tenu caché, mais au contraire comme quelque chose que les déités maternantes auront tenu déjà à nous dire dans leur langage si différent.

L’évangile de Jean aura déjà précisé que cette parole des déités en fait un Logos, à entendre comme de la personne de Jésus même (Jean, I, 1), en qui la révélation sera accomplie (Hébr., I, 1 ; Gal., I, 16).

Dans la science et la philosophie, on reconnaîtra Jésus comme un verbe incarné et à certains égards salvateur.

Précisions : En fait, on reconnaîtra le caractère référentiel de Jésus, son rôle transformateur de l’histoire, marquant la voie vers une rédemption des personnes du fait de les amener au respect concret les unes des autres.

Jésus sera reconnu comme le profanateur le plus marquant de l’histoire. Des millions de personnes l’auront cité et pris en modèle afin de rejeter certaines croyances, parfois chrétiennes.

 

Amour et respect

Ce qui aura été appelé l’amour de Dieu deviendra progressivement le respect de Dieu et des Dieux.

L’amour chrétien sera réinterprété comme une certaine conception exigeante du respect, soit le respect de la personne concrète, y compris dans le cas où elle se fait dissidente, au sens le plus fort, de toute religion.

Dans l’Ancien Testament : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19v18) deviendra « Tu respecteras ton prochain de façon concrète, non comme toi-même, mais comme lui est ».

Le respect sera relié à l’amour philosophique, l’amour d’un philosophe dont on étudie la pensée et qu’on réinterprète comme doté d’une vie propre, se développant de lui-même.

On se mariera davantage par respect que par amour (possessif) ou par intérêt.

L’amour référentiel sera conçu comme dans son élément propre qu’est la longue durée.

 

Le bouddhisme et la personne concrète

Le bouddhisme référentiel coïncidera avec l’enseignement du Bouddha et, à ce titre, il perdurera en tant que philosophie finalement en convergence avec la science, la religion et le personnalisme.

Le nirvana se trouvera, de façon rationnelle, être la fin de toute vie organique, mais aussi comme une sorte de résurrection référentielle.

L’expérience du nirvana aura consisté en la cessation des états mentaux difficiles, comme extinction des feux du désir. Ce sera interprété comme un rejet de la vie organique mais non nécessairement de la vie référentielle qui, au contraire, sera susceptible de représenter un authentique salut.

L’éthique bouddhiste sera marquante parce qu’elle aura pris essentiellement en considération l’intention de l’acte commis sans pour autant minimiser la gravité de ses conséquences. Cette éthique n’aura pas formulé d’obligation et il lui aura importé qu’on respecte l’autonomie des êtres en les aidant à se développer vers l’autonomie.

 

Respecter les déités ?

On définira une autre sorte de respect portant sur le cas des personnes référentielles, une sorte de respect s’appliquant au GEA et à l’humanité elle-même en tant que déité, de même qu’aux autres déités.

L’amour référentiel des humains pour les déités sera également basé sur le respect, c’est-à-dire sur la reconnaissance des déités en tant que personnelles et sur l’aide qu’on pourra éventuellement leur apporter dans leur développement autonome.

L’autonomie des groupes concernera surtout le potentiel de développement des groupes dans le long terme. Il s’agira donc, d’après le Projet Respect, de considérer également les groupes et les déités, sorte d’éthique supérieure envers les auteurs, créateurs et chercheurs référentiels que nous serons et ceux <d’ailleurs>. Pour le comprendre, on utilisera l’idéomorphie:

égocentrisme du moment présent / égocentrisme de l’individu

=

éthocentrisme du groupe / éthocentrisme de la déité

Un exemple marquant sera celui Paul Gauguin, mort en artiste maudit, qui aura manqué à l’éthique individuelle pour mieux agir en vue d’une sorte d’éthique supérieure.

Le concept de « crime contre l’humanité » évoluera vers la prise en compte de toutes les formes de violence physique ou psychologique, y compris les violences verbales prenant la forme d’accusation sans fondement suffisant. On tendra à responsabiliser chacun plutôt qu’à criminaliser qui que ce soit en particulier.

Le modèle parental (ou modèle de l’enfant) sera un outil adapté pour tenter d’obtenir une meilleure compréhension de ce qu’est ou pourrait être la personne divine, étant entendu qu’il ne nous en donnera aucune connaissance définitive.

Le charisme de la Trinité chrétienne apparaîtra dans l’idée d’un trinitarisme social, d’une harmonie des rapports entre les personnes divines, ce qui se traduira par le respect mutuel des déités que rencontrera l’<enfant>.

 

M   La convergence des religions

La révélation idéométrique

Selon le modèle de l’enfant, on croira qu’il existe une déité maternante référentielle finie qui, assistée d’autres déités dans la longue durée, aura procréé une créature autonome qui est <nous, l’humanité>.

Les personnages bibliques ou ceux d’autres textes dits sacrés seront réputés avoir existé référentiellement, c’est-à-dire créés ou constitués de façon référentielle. Il s’agira d’une réalité vivante liée à une conformation à la fois psychologique, sociale, morale ou autre d’une époque et parfois pour un certain nombre d’époques subséquentes.

Dans la doctrine chrétienne, le Saint-Esprit aura été censé accomplir la rencontre de Dieu et des humains. Cela s’interprétera officiellement comme ayant lieu, non dans la temporalité ordinaire, mais dans la longue temporalité.

Le Saint-Esprit aura été invoqué comme agissant référentiellement pour le rayonnement de l’Église catholique dans les siècles. Ce sera un exemple de miracle rationnellement crédible. Cf. plus bas, la Table idéométrique des interventions extérieures.

Le Bouddha aura été invoqué comme agissant pour le rayonnement du bouddhisme dans les siècles. Ce sera aussi un autre exemple de miracle rationnellement crédible.

On reconnaîtra le projet chrétien tel que formulé surtout dans les évangiles : « Allez donc, et enseignez toutes les nations, les baptisant au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Matthieu 28 :19). Les musulmans auront pu également évoquer ce passage pour faire avancer leur projet propre en une référentialité voisine. Ces projets seront compris comme mutuellement inclusifs tout en gardant les distinctions des fois respectives de croyants séparés susceptibles de s’enseigner mutuellement.

La Résurrection chrétienne repensée représentera l’idée de la survie et du salut du petit groupe dissident qui parvient à se libérer d’une autorité religieuse devenue étouffante.

La Résurrection chrétienne représentera l’avènement du groupe dissident le plus vulnérable au statut de référence religieuse la plus haute, figurant ainsi les deux points de départ de tout groupe religieux, celui de la dissidence puis celui de la référentialité.

Le Rig-Veda sera reconnu d’origine divine et non simplement humaine, existant dans la longue temporalité et se révélant aux humains d’après une transmission de <parent à enfant>.

Brahman représentera une puissance envisageable selon deux points de vue, celui seul existant en soi, sans attributs, l’univers étant illusoire ou abstrait, et celui de soutien de l’univers porteur d’attributs. Cela correspondra aux deux aspects différents de la mère pour l’enfant, selon qu’il se trouve embryonnairement en elle ou à ses côtés. Dans les deux cas, Brahman représentera en quelque sorte tout ce qu’il y a de réel, ou tout ce qu’il y a de réellement potentiel ou d’effectif.

La philosophie indienne aura comporté également un formalisme susceptible de représenter les potentialités globales de l’Univers. Selon l’école de philosophie Nyâya, tout objet connaissable par l’humain l’est de l’une ou l’autre de quatre façons : la perception directe, l’inférence logique, l’analogie ou le témoignage. Cela représente quatre types inclusifs de contraintes — c’est-à-dire nécessitant l’un et / ou l’autre de ces quatre types — de développement d’un potentiel réel de connaissance ou de croyance humaine.

L’islam apparaîtra comme la religion la plus représentative de notre passé jusqu’à notre époque (début du XXIe siècle) en ce qui concerne la mentalité religieuse. Le bon musulman se sera prêté volontiers aux rituels religieux jusque dans le détail. L’islam du début du XXIe siècle impose encore à tout croyant de professer sa foi en prenant appui sur cinq piliers propre à l’islam, soit notamment cinq prières quotidiennes…  il faut prier face à la Kaaba qui se trouve à la Mecque; la prière consiste à louanger et glorifier Dieu.

  1. L’attestation de foi de l’unicité de Dieu et de la prophétie de Mahomet (chahada) ;
  2. Les cinq prières quotidiennes (salat) ;
  3. L’aumône (zakat) aux nécessiteux dans les proportions prescrites en fonction de ses moyens ;
  4. Le jeûne du mois de ramadan(saoum ou siyam), qui dure de l’aube au coucher du soleil ;
  5. Le pèlerinage à La Mecque(hajj), qui doit s’effectuer au moins une fois dans sa vie, si le croyant ou la croyante en a les moyens physiques et matériels.

Certains islamistes sunnites considèrent le jihad comme étant un sixième pilier de l’islam.(source : Wikipédia)

L’idéométrie donnera raison aussi à l’islam quant à l’importance et la pertinence de l’adresse à Dieu, la pertinence de la <prière>, qui servira à demander (efférence) et à trouver l’inspiration (afférence) de façon crédible.

Une table idéométrique sera analogue à un mantra (sorte de prière ou de poème à la louange d’une divinité). En tant que <question>, elle sera <prière> et, en tant que <louange>, elle honorera le <projet divin> que nous constituerons.

Les musulmans continueront de prier, mais en se trouvant de plus en plus libres face à un Dieu plus compréhensif et amical qui leur proposera de chercher à comprendre ce qui rend leur croyance meilleure que celles des autres et comment leur foi devrait être enseignée aux autres.

Dans toutes les religions également, les prières instruiront les croyants sur la normalité divine et viseront souvent à se mettre d’accord, à consentir au dessein divin.

Le bouddhisme compris de façon référentielle pourra devenir entièrement compatible, et même convergent, avec les autres formes de croyances. Il continuera de rechercher le nirvana en tant qu’anéantissement du saint, et même le parinirvana en tant qu’extinction complète, celles-ci se comprenant comme la disparition complète de toute vie organique, mais non nécessairement la vie référentielle. Le bouddhisme, en effet, est un enseignement, une éthique et une sagesse. Peut-être ainsi le bouddhiste rejoindrait-il une autre <sagesse> qui serait comprise au niveau des déités.

Dans le bouddhisme référentiel, on relativisera toute réalité corporelle individuelle, mais non le Bouddha ni le bouddhisme.

Lors de discussions avec les bouddhistes en ce qui concerne la question du mal, le modèle parental offrira des éléments de solution possible, non parce qu’il donnera une preuve de l’existence d’un Dieu bon, mais parce qu’il montrera que l’idée d’un Dieu qui a créé ce monde n’est pas absolument contradictoire avec l’idée que ce Dieu est bon.

 

N   La convergence <normale> d’après la théologie mathématique

L’histoire humaine se sera présentée à nous comme « pleine de bruit et de fureur », et sans signification particulière.  Elle sera vue plutôt tel un développement complexe, analogue à celui d’un très jeune enfant qui a dû normalement passer par les contraintes de la gestation, qui est pleine de bruits en effet, de la naissance, plutôt mouvementée, puis de l’apprentissage, souvent difficile, par exemple de la marche, où les risques de chutes plus ou moins graves sont toujours présents. L’image de l’enfant qui chute sera idéomorphe à celle de l’humanité qui flanche lors de catastrophes mondiales.

Table de correspondances idéométriques sur le <développement humain>

Humanité actuelle Enfant à l’âge de l’acquisition du langage
Développement économique et technologique Développement sensorimoteur
Risques de catastrophes Risque de chutes
« bruit et fureur » Vie intérieure âpre, mouvementée
Sans signification Incompréhension
Idéométrie Langage
Déités maternantes Parents

En effet, lorsqu’un homme et une femme décident librement de mettre un enfant au monde, ils savent, ou devraient savoir, que l’enfant aura à souffrir, d’abord en tant qu’enfant, puis en tant qu’adulte. Il aura à supporter les souffrances normales de la croissance, avec tous les désagréments que la vie comporte, sous la forme de besoins inassouvis ou de désirs insatisfaits, de frustrations de toutes sortes et, en outre, de malaises, de maladies et d’accidents et, inévitablement, de la mort au bout du compte. Les parents assument le risque que leur enfant connaisse des difficultés d’aspect improbable mais, au fond, assez courantes dans le monde, telles que des infirmités, des incapacités ou des accidents ou des mésaventures plus ou moins graves. Les parents peuvent-ils être raisonnablement sûrs que leur enfant connaîtra une vie qui, au total, aura valu la peine d’être vécue? Quelle que soit la réponse qu’on pensera devoir faire à une telle question, on ne pourra que difficilement conclure que l’homme et la femme qui décident, malgré tout, de procréer méritent d’en être blâmés.

La question demeurera : Comment voir qu’on jugera plutôt normale cette histoire de violence ? Que cette violence aura été en somme acceptable ?

La déité aurait-elle dû intervenir? Peut-être le modèle de l’enfant (ou modèle parental) permettra d’interpréter une transgression des lois de la nature comme un type d’action parentale différente de celles normales de nourrir l’enfant, de le faire jouer, de le faire marcher ou explorer l’espace environnant, de tenter de lui parler ou de l’inciter à communiquer par le langage, dont l’acquisition apparaîtra comme un quasi-miracle. L’intervention parentale qui sera bonne et d’aspect anormal, mais globalement normale, pourra être de lui donner une médication sous la forme de comprimé, gélule, etc., ce dont l’enfant ne serait que peu conscient, ou, à la rigueur, une injection sous-cutanée, par exemple, d’antibiotique, l’enfant ressentant la douleur dans sa peau et sans en comprendre la raison.

Au niveau de la déité parentale et de l’humanité, la médication correspondrait à une découverte mathématique peu remarquable, et l’injection à une sorte de petite catastrophe locale peu compréhensible telle que des rayons cosmiques ou une tempête solaire déréglant momentanément le fonctionnement des transmissions électriques (voir la Table ci-dessous). Quant à l’effet du médicament dans le corps de l’enfant, il représentera un changement mesuré affectant le fonctionnement cellulaire et, éventuellement, métabolique du corps de l’enfant dont il serait peu conscient, ce qui correspondra idéométriquement à un certain changement non mesurable ni directement observable dans la façon dont les probabilités de certains événements affectant l’environnement terrestre de façon non accessible à la science humaine actuelle. Quant au résultat de la médication, il correspondra à des événements apparemment normaux mais particulièrement favorables dans le grand environnement, tel qu’une diminution du réchauffement planétaire se traduisant par des températures moyennes moins élevées qu’appréhendé ou des changements climatiques favorables à l’ensemble de la planète.

Précisions : Le mot miracle provient du latin mirus, qui signifie étonnant, et oculus, qui signifie œil, donc « étonnant à l’œil ». Le miracle tel qu’on l’aura entendu habituellement, soit une suspension ou une transgression d’une ou plusieurs lois de la nature, que ce soit sous la forme d’une apparition visuelle et auditive ou d’une pêche surabondante, de la résurrection d’une personne morte depuis plus ou moins longtemps, la science de l’avenir en rejettera encore, sans doute, la possibilité même. Toutefois certains faits apparemment attribuables au hasard pourront éventuellement être traités de quasi miraculeux, en plus des faits idéométriques eux-mêmes.

 

Table idéométrique des interventions extérieures au cours du développement

Idéomorphie Mère et enfant Déité proximale et monde humain
Interaction minimale de base La mère n’intervient que pour protéger, nourrir et aider l’enfant dans son développement. Aucune intervention divine n’est observable ni même envisageable.
Échanges d’ordre langagier dans le cours d’un développement complexe La mère échange verbalement avec l’enfant en tenant compte du niveau atteint par l’enfant pour aider son acquisition extraordinaire du langage… Échange d’ordre idéométrique : le « quasi-miracle » apparent s’accomplit dans la production de correspondances, de séquences et de tables idéométriques.
Interventions externes normales dans le cours d’un développement complexe La mère intervient dans le cours normal afin de le soigner par l’utilisation de certaines médications. Des « miracles » se produisent sous la forme d’événements exceptionnellement heureux, mais probables dans la temporalité historique, tels que ce qu’on a par exemple appelé « miracle économique » de plusieurs pays.
Cas de difficultés plus ou moins graves possibles dans le cours du développement complexe L’enfant contracte une maladie ou il lui arrive un accident grave, voire mortel. Il arrive une catastrophe à l’humanité, telle que guerre mondiale, intempéries anormalement graves affectant le monde entier, voire cosmiquement catastrophiques.

On distinguera des ORDRES DE NORMALITÉS de l’action divine, ce qui autorisera à parler de « MIRACLE NORMAL » ou « PLUS OU MOINS NORMAL ». Le refus de la normalité sera compris comme une sorte d’affrontement ou de contestation face au divin.

Cependant il faudra privilégier chaque fois que ce sera possible la normalité du développement. Dans le cas des croyants qui se veulent rationnels, ce qui comptera sera l’affrontement mystérieux avec l’Autre dans l’échange, parfois dialogue impétueux, parfois demande pressante d’aide. Les religions se présenteront différemment là-dessus.

Jésus a vécu ce type d’affrontement en tant qu’humain face au divin, notamment lors de sa prière à Gethsémani : son « agonie », au sens de combat, consistait à accepter la normalité divine qui était celle de son crucifiement. La prière idéométrique consiste justement à se mettre d’accord avec le modèle de l’enfant, celui du développement <normal> de l’humanité dans son âpre histoire.